Mongolie – Récit

Mongolie

Les 12 jours que nous avons passés en Mongolie resteront comme une belle aventure.
Aventure au sens propre, voyage « à la dure » à bord du van Russe conduit par Gaana sur des pistes et chemins souvent improbables, couchage rustique sous la tente, toilette dans les rivières, les lacs ou plus rapidement avec une bouteille d’eau, repas sommaires mais toujours riches avec un « camping gaz » à même le sol…
Aventure humaine car, accompagnés de Naara et Nadia et Gaana, nous avons pu découvrir la vie des nomades, traverser des paysages immenses, participer au Nadam – la fête nationale qui se déroule en Juillet un peu partout en Mongolie.

Dès lors que nous avons quitté Ulaan Baator, nous avons plongé dans un autre monde, étendues immenses, parsemées de gers – habitations des nomades,le mot yourte étant russe,ils ne l’emploient pas – et de troupeaux – moutons, yack, chevaux et un fois des chameaux.
Du vert sous toute ses formes, des plaines entourées de montagnes, de temps en temps un village pour acheter de l’eau.
Nous avons partagé à plusieurs reprises le repas avec des familles nomades. L’accueil, l’hospitalité est normale et naturelle en Mongolie.
Qui arrive est reçu avec un bol brûlant de thé au lait salé – lait de yack ou de mouton –
La ger est souvent équipée du minimum, au centre le poëlle et cheminée autour duquel la femme s’active pour la cuisine. Au fond de la ger, le meuble affiche photos de famille et objets importants.
La femme s’occupe des enfants, des repas, de la traite des animaux pendant que l’homme surveille le troupeau. Celui- ci est éparpillé dans la nature et regroupé lorsque nécessaire.
Certains animaux sont marqués, mais généralement, le « maître » connait les siens.
Vu la place à leur disposition, les familles nomades restent à un endroit au maximum 2 mois, cela dépend de l’herbe qu’il reste pour le troupeau. En hiver, ils regroupent les animaux dans des stalles « en dur » – en bois – dans lesquels ils stockent les herbages pour l’hiver.
Les repas sont composés – enfin ceux que nous avons partagés – de soupe avec des pâtes et surtout de la viande – du mouton. Les mongoles aiment beaucoup la viande et en mangent plusieurs fois dans la journée.  Peu de fruits ou de légumes. Et toujours le fameux thé au lait salé.

Nous avons dormi en pleine nature, dans un silence incroyable, souvent au milieu de nulle part. Les rivières au eaux transparentes nous ont servi de lieux de nettoyage.
Nous sommes montés jusqu’au Lac Kosvgol, le plus grand lac de Mongolie aux eaux translucides.
Nous avons dormi à 3000 mètres, rencontré différentes familles. Un soir, autour de notre feu de camp, un père de famille accompagné de ses 2 enfants nous a apporté une marmotte cuite à la pierre.
Normalement la marmote est protégée mais qui viendra vérifier là où nous étions…..

Nous avons pu découvrir le Naadam, fête nationale. Cette fête est un grand tournoi composé de 3 épreuves.
Course de cheval, lutte et tir à l’arc.
C’est un grand événement, aussi les gens qui s’y rendent – et ils sont nombreux – se mettent sur leurs 31.
La course de chevaux se déroule sur une distance de 16 à 20 km, c’est le cheval qui gagne – peu importe si il y quelqu’un dessus. Un ensemble de couleur et de tradition.
Nous avons croisé nombre d’animaux, en dehors des troupeaux, yacks, moutons, chevaux, nous avons pu admirer des rapaces régulièrement, volant au dessus de nous, croisé un troupeau de chameaux, caressé des rennes – élevés par une ethnie – tribus très peu nombreuses, seules quelques familles demeurent et restent autant que possible à l’écart des autres personnes.

Les infrastructures – routes notamment – sont peu développés,l’héritage russe laisse des endroits ni faits ni à faire, des blocs de béton posés là qui servent de « ville ».
La téléphonie mobile permet néanmoins aux familles nomades de créer et garder un lien avec leurs proches. Dans certains endroits, des scènes anachroniques – en pleine nature, un panneau solaire alimente l’électricité pour la télévision et les personnes téléphonent avec un mobile….

En résumé, nous avons été enchantés par cette formidable aventure…
En voici un détail comme nous l’avons vécu….

Mercredi 21 Juillet.

Nous faisons la connaissance de Gaana, notre chauffeur ainsi que de Nadia, la fille de Naara qui va nous accompagner. Nous partons dans l’après-midi pour le parc national de Darkhan, à quelques kilomètres de UB. L’occasion de traverser la ville et de constater les déficits en infrastructure, routes, électricité… Premières rencontres avec des yacks, aigles et larges prairies.
En sortant le soir, pour un « fast food » mongole (si si), nous voyons une ville époque russe, mais un peu à l’abandon, passant malgré tout à des aspects plus modernes – téléphonie mobile, télévision écran plat, larges panneaux publicitaires pour des marques « occidentales ». Nous croisons quelques occidentaux » (comme nous les appellerons).

Jeudi 22 Juillet
Nous prenons la route de  UB jusqu’à Balasta. Nous faisons haltes auprès d’une famille de nomades, en l’occurrence de la famille de Naara
Nous préparons la tente, les enfants vont chercher les animaux avec Nadia et nous prenons notre repas en commun avec les nomades. Ils n’ont d’yeux que pour Johan (un garçon !).
Les enfants préfèrent coucher sous la tente, mais un énorme orage nous oblige à nous replier sous la ger. Nous réveillons tout le monde, chacun s’active en pleine nuit. Celle-ci sera courte et fatigante.

Vendredi 23 Juillet
Le matin soleil et temps partagé avec les personnes. Jeux de cartes et repas du matin – nous avons du mal à manger la soupe et le mouton. Nous prenons la route jusqu’à Erdenet. La fatigue accumulée se fait sentir, chacun dort tour à tour dans la voiture.
Nous nous arrêtons à Khutuk, une ville où nous rencontrons une amie de Naara et Gaana.
Nous sommes invités dans le « restaurant » pour les cadres de l’entreprise de ciment pour laquelle cette amie travaille en tant que secrétaire. Grand sourire et accueil chaleureux.
La ville est posée là, héritage de l’époque russe, blocs de bétons et immeubles sans âme et sans entretien. Tout cela laisse une image un peu triste
La route continue et nous arrivons à Erdenet et Naara – et nous sommes d’accord- propose de coucher dans un hôtel pour se reposer.
Nous trouvons l’hôtel Selenge – le plus « luxueux »…. héritage russe également…

Repas léger avec Nadia que nous avons « gardée » avec nous et un de ses amis qui vit à Erdenet.
Grande et nuit très reposante. Chacun en avait besoin et tout le monde repart en forme.

Samedi 24 Juillet :
Naara nous dit que là commence la country side………et nous comprenons vite le changement. La route devient une piste et le restera pendant plusieurs jours
Après quelques  kilomètres  Naara nous propose de rencontrer un famille nomade qui doit traire les chevaux.
Malheureusement, c’est trop tôt, mais Estelle a droit à son tour de cheval avec un beau cavalier Mongole.

La piste devient vite chaotique mais les paysages sont superbes, de larges prairies entourées de montagnes, tout cela à perte de vue, dans un environnement sauvage. Nous croisons de loin en loin des nomades, gers, troupeaux mais aussi des animaux tels que un aigle qui s’envole devant nous, des grues, des yaks, des moutons et des chèvres et bien sûr des chevaux
Nous mangeons en route..enfin surtout Gaana. La route pour lui est plus fatigante…
Nous nous arrêtons dans un petit village où une personne nous propose sa maison en construction pour dormir, nous plantons la tente en espérant qu’il n’y aura pas d’orage.
Nous avons la visite d’un voisin bourré à la vodka, puis les chiens se mettent en chorale pour accompagner notre sommeil… enfin. Johan a mal au ventre, il a surtout oublié Sonic.
La pluie est présente en fin de nuit et dure et dure longtemps. Nous pouvons manger le matin dans la maison, à l’abri.


Le peintre aurait du mal a trouver la palette des verts que nous avons quotidiennement sous nos yeux.
Le fait de dormir à la dur sous la tente, de se laver dans le lac ou dans la rivière est loin de rebuter les gamins au contraire, même si l’eau est des plus fraîches et ce n’est pas tous les jours .que nous pouvons le faire.
Mais ce que nous apprécions c’est notre rapport au temps, pendant tout notre séjour, nous ne savions pas quelle heure il était et quel jour nous étions. Les nomades le vivent naturellement: ils s’assoient où ils se trouvent, une jambe repliée sous les fesses, et discutent.
Il faut dire que tout se fait au ras du sol, la découpe des aliments, la réparation d’objet,le repas,la nuit, les jeux de cartes, les discussions.

Le lendemain , direction Moron, nous avons traversé une forêt d’ormes, une étendue de sable où nous avons fait des jeux, croisé des condors, pour arriver à la ville. A l’entrée, un policier nous arrête avec une autre personne qui nous invite au Nadaam le surlendemain, mais en plus, nous serons des « peacecops »!!! des soldats de la paix, pourquoi? nous ne le serons jamais.

Nous ne faisons que passer car nous nous dirigeons vers le lac Kovsgol où l’eau est d’une limpidité surprenante. Le coin est magique, nous devrions rencontrer une tribu de Tsantan, ce sont les seuls qui élèvent des rennes et ils restent peu de personnes. Ils se déplacent souvent car ils ne veulent pas être déranger. Nous ne verrons que les rennes et leur gardienne. Nous passons la soirée chez des nomades. La soirée est claire, étoilée et fraîche.

Après une journée plutôt relaxe nous retourons vers Moron pour suivre le Nadaam. Un nomade vient vers nous pour discuter et Ganaa se fait un plaisir d’en profiter( heureusement que nous avons  Naraa et surtout Ganaa  car il est si empathique que tout lui est ouvert.)
Du coup Estelle peut chevaucher un des chevaux.

Yves et Estelle nous sortent du lit de bonne heure, la 1ère course de chevaux réservée aux enfants de 5 à12ans devrait arriver. Effectivement,, un nuage de poussière annonciateur est suivi d’une nuée chevaux et de 4*4 qui talonnent les animaux,seul le cheval compte, même sans cavalier il peut gagner..
Nous descendons à Moron pour assister à l’ouverture officielle du Nadaam ainsi qu’à la compétition de lutte et d’archerie. Chinggis Khaan, réunificateur des tribus mongles est présent de partout, son effigie sous forme de statue, de peinture, sur les pièces de monnaie…
donc ici, après une reconstitution une grande toile se déroule au- dessus de nos têtes, puis arrivent les lutteurs, vêtus de caleçons et de brassières rouges ou bleus, en courant, sur 2 files encadrés par les juges. Le combat: le premier plaqué au sol a perdu. Le vainqueur  parade en effectuant des gestes d’envol. Les archers ont des flèches sans embout pointu, ils ne doivent pas planter leurs flèches, mais toucher une cible éloignée (un triangle rouge). Les juges placés à coté de la cible indiquent avec force geste, la réussite ou non du lancé.
Les tireurs sont par équipes et cumulent des points pour leurs équipes..

Les 3 jours suivants nous traversons la montagne en suivant un réseau secondaire, vu le côté sportif de l’affaire je n’ose imaginer les réseaux successifs….A 3000 mètres les nuits sont plutôt fraîches et les toilettes rapides. Nous en profitons pour faire une lessive. Nous sommes entourés d’edelweiss qu’ils utilisent en compresse sous la plante des pieds pour la tension artérielle. Les rapaces survolent le campement.

Après une journée et demi de traversée difficile nous arrivons dans l’Arkenghai. Encore une longue route et nous arrivons à la vallé de l’Orkhon et le temple de Erdene Zu, bâti sur l’ancienne capitale de Mongolie – Karkorum -.. Nous visitons le plus vieux temple bouddhiste préservé et non détruit par les Russes. Il ne reste plus que 35 moines au lieu des 5 à 7000 avant la purge staliniste. Perdu au milieu des montagnes il semble surréaliste.

Nous passons nos 2 derniers jours à Ulaan Baatar, chez Naara – qui nous accueille – et nous en profitons pour visitez cette petite capitale. Le centre ville est animé et la circulation intense.
Nous voulons faire goûter les crèpes à la famille, mais un manque de poëlle adéquate nous oblige à improviser. C’est presqu’une réussite, ils apprécient et Naara nous promet d’en refaire lorsque nous reviendrons…

L’émotion est forte au moment du départ, le soir, pour nous rendre à l’aéroport.Naara, Nadia et toutes les images resteront dans nos mémoires.